Achat immobilier dans le Var : 5 points à vérifier avant de signer
Un coup de cœur peut vite coûter cher si l'on passe à côté d'un défaut caché. On vous détaille les cinq points techniques à contrôler avant de vous engager.
5 juin 2026

Un achat immobilier se joue souvent au coup de cœur : la lumière, la vue, le jardin. Mais une maison, c'est d'abord une structure, un sol, une toiture — et c'est là que se cachent les mauvaises surprises. En 38 ans d'expertises avant-achat dans le Var, j'ai vu trop d'acquéreurs découvrir après la signature des désordres qui se voyaient avant. Voici les cinq points que je contrôle systématiquement, et que vous pouvez déjà observer lors des visites.
1. La structure : fissures et signes de mouvement
Faites le tour complet des façades, y compris celles qu'on ne vous montre pas spontanément. Cherchez les fissures en escalier qui suivent les joints de maçonnerie, les fissures d'angle, les reprises d'enduit récentes qui peuvent masquer un désordre. À l'intérieur, testez les portes et les fenêtres : des menuiseries qui frottent, des sols qui penchent ou un carrelage refait par plaques racontent souvent une histoire que le vendeur ne racontera pas.
Méfiez-vous particulièrement des façades fraîchement ravalées ou repeintes juste avant la mise en vente. Un ravalement n'est pas suspect en soi, mais il efface dix ans de lecture des fissures. Dans le doute, demandez les factures et la date des travaux.
2. L'humidité, même invisible
L'humidité se cache derrière les odeurs de renfermé, les cloques de peinture, les traces en bas de murs, les plinthes gondolées — et parfois derrière un simple meuble bien placé. Ouvrez les placards contre les murs extérieurs, regardez sous les éviers, inspectez les pièces aveugles et le garage. Une cave ou un vide sanitaire humide n'est pas anodin : c'est souvent le point de départ de remontées capillaires dans les murs.
Attention aussi aux signes de traitement récent : un pare-vapeur neuf, un enduit de cuvelage frais ou une VMC flambant neuve dans une maison ancienne indiquent qu'un problème a existé. La question n'est pas de fuir, mais de savoir si la cause a été traitée ou seulement les symptômes.
3. La toiture, la charpente et les combles
La toiture est le poste de travaux le plus coûteux d'une maison, et celui qu'on inspecte le moins en visite. Depuis l'extérieur, observez la ligne de faîtage (elle doit être droite), les tuiles déplacées ou cassées, l'état des rives et des solins. Si les combles sont accessibles, montez-y : traces d'infiltration sur la charpente, bois vermoulus ou sciure au sol (signe d'insectes xylophages), isolation tassée ou absente.
Demandez l'âge de la couverture et les factures d'entretien. Une toiture en fin de vie n'est pas rédhibitoire — mais elle se négocie, et il vaut mieux la faire évaluer avant de signer qu'après.
4. Les travaux et extensions : que dit le dossier ?
Garage transformé en chambre, véranda, piscine, surélévation : dans le Var, les maisons ont souvent vécu plusieurs vies. Chaque modification doit avoir son autorisation d'urbanisme (déclaration préalable ou permis de construire) et, pour les travaux de moins de dix ans, une assurance décennale de l'entreprise. Une extension non déclarée peut vous exposer, en tant que nouveau propriétaire, à une mise en conformité coûteuse.
Au-delà du papier, regardez la qualité d'exécution : une extension mal fondée ne tasse pas comme le bâti d'origine, et la jonction entre les deux est un lieu classique de fissuration. C'est précisément le genre de point qu'un œil exercé repère en quelques minutes.
5. Le terrain : argiles, pente et eaux de pluie
Dans le Var, le sol mérite autant d'attention que la maison. Une grande partie du département est exposée au retrait-gonflement des argiles, ce phénomène qui fissure les maisons lors des sécheresses. Consultez la carte d'exposition de la parcelle sur le site Géorisques, et vérifiez si la commune a déjà fait l'objet d'arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse — c'est public, et très instructif.
Sur place, observez la pente du terrain (l'eau doit s'éloigner de la maison, pas y converger), la présence d'arbres à moins de quelques mètres des façades (leurs racines assèchent le sol) et le devenir des eaux de pluie. Un état des risques est obligatoirement annexé à la vente : lisez-le vraiment, il est souvent parcouru en diagonale.
Récapitulatif : votre check-list avant de signer
- Façades et structureTour complet du bâti, fissures en escalier, reprises d'enduit récentes, portes et fenêtres testées.
- HumiditéBas de murs, placards, cave et vide sanitaire inspectés ; traitements récents questionnés.
- Toiture et comblesLigne de faîtage, tuiles, état de la charpente, âge de la couverture et factures.
- Travaux et extensionsAutorisations d'urbanisme, assurances décennales, qualité des jonctions entre bâti d'origine et extensions.
- Terrain et risquesExposition aux argiles sur Géorisques, arrêtés CatNat de la commune, pente et gestion des eaux de pluie.
L'expertise avant-achat : quelques centaines d'euros qui peuvent en sauver des dizaines de milliers
Ces vérifications sont à votre portée, mais elles ont une limite : distinguer le défaut esthétique du désordre structurel demande de l'expérience et des outils de mesure. Une expertise avant-achat prend une demi-journée, aboutit à un rapport écrit, et vous donne trois choses : la tranquillité d'esprit si tout va bien, un argument de négociation solide si des travaux sont à prévoir, et la possibilité de renoncer à temps si le bien cache un vice sérieux.
Rapportée au prix d'une maison dans le Var, c'est l'une des dépenses les plus rentables d'un projet d'achat. Et si l'expertise conclut que le bien est sain, vous signerez en toute confiance — c'est aussi à ça qu'elle sert.

Eric Alessandroni. Expert bâtiment indépendant dans le Var depuis plus de 38 ans. J’accompagne particuliers et professionnels face aux fissures, malfaçons et litiges — toujours en toute neutralité.


